Dans le « quartier africain » de Cologne-Nippes, un lieu de mémoire décolonial doit voir le jour, qui mettra en lumière le passé colonial du quartier et invitera à une réflexion critique sur celui-ci. Cette initiative, portée par des citoyen·ne·s engagé·e·s, vise à présenter de manière nuancée l’histoire du colonialisme allemand en Afrique dans l’espace public et à mettre en lumière les continuités coloniales qui perdurent jusqu’à nos jours.
Les noms des rues du « quartier africain » ont été attribués dans les années 1930, dans le cadre des efforts nazis visant à reconquérir les anciennes colonies allemandes. Le lieu de mémoire prévu propose une nouvelle perspective face à cette mémoire marquée par le colonialisme : ce ne sont pas les anciens colonisateurs qui sont au centre de l’attention, mais la résistance des populations colonisées et les victimes de la violence coloniale.
La sculpture prévue, œuvre de Fabien Diffe Kamga, rend hommage à Rudolf et Emily Duala Manga Bell, originaires du Cameroun, qui faisait alors partie de l’Empire allemand. Rudolf Manga Bell, chef des Duala, s’est opposé à la domination coloniale allemande et, en particulier, au projet d’expropriation des Duala. À l’issue d’un procès colonial, il fut condamné à mort en 1914 pour haute trahison présumée, puis exécuté.
Ce lieu de mémoire a pour vocation de commémorer la résistance de Manga Bell, de mettre en lumière les points de vue des personnes touchées par le colonialisme et d’inciter les visiteur·euse·s à se pencher sur l’histoire du colonialisme allemand et ses conséquences jusqu’à nos jours.

Manoka est une île située à Douala (Cameroun). Sur l’île se trouve une ancienne prison allemande datant de l’époque coloniale. Rudolf Duala Manga Bell y a été incarcéré avant son exécution en 1914. Les ruines de cette prison subsistent encore aujourd’hui, témoignant de la brutalité de l’histoire coloniale.
Il est prévu de réaliser une représentation réduite (à l’échelle d’environ 1:30) et abstraite des ruines de la prison construite par les Allemands au Cameroun. L’œuvre sera réalisée en béton, en pierre, en céramique et en acier.
